Une refection intelligente du pont de Gagnac ne peut se faire en dehors de la compréhension du contexte, ni d'une prise en compte des enjeux pour l'avenir.
- D'une part, le constat de saturation de la zone est sans appel, et une véritable réflexion est nécessaire autour des moyens d'améliorer les flux dès aujourd'hui.
- D'autre part, la croissance démographique du nord toulousain, qui continuera d'être portée par le développement d'Airbus et ses sous-traitants (doublement de la flotte en service dans les 20 ans à venir, et lancement d'un nouveau programme avion), ne laisse pas de place à la tergiversation.
Les offensives régulières à l'encontre du télétravail, qui risquent de remettre sur la route une partie du traffic évité depuis son instauration, accroissent encore le risque.
Il est donc urgent de lancer les projets structurants avant que la paralysie ne soit totale et que les moyens viennent à manquer pour y faire face. En ce sens, la mise à disposition d'un pont provisoire est bien sûr absolument nécessaire le temps des travaux à Gagnac, mais la construction du pont supplémentaire sur la Garonne doit aussi être une préoccupation de court terme. S'il avait été fait avant, on aurait pu se passer du pont provisoire, et donc économiser quelques millions pour la métropole...
D'autres actions doivent aussi être sérieusement envisagées du point de vue des infrastructures, comme le prolongement du périphérique pour permettre le contournement de Seilh, ainsi que des adaptations au niveau des points bloquants (notamment le rond point de l'Aussonnelle, qui est le principal verrou actuel, et pour lequel un aménagement pourrait permettre de séparer les usagers se dirigeant vers Gagnac de ceux se dirigeant vers Grenade, afin de fluidifier les flux).
Enfin, il est nécessaire de prendre en compte l'évolution des modes de déplacement. L'ajout d'une piste cyclable sur le pont de Gagnac n'a un intérêt que si le Chemin du Bac, reliant le pont de Gagnac au rond point de l'Aussonnelle, et la M63 qui traverse Gagnac sont également adaptés. D'ailleurs, les vélos ne représentent qu'un des moyens de remplacer les voitures, et l'avenir promet la multiplication des petits véhicules électriques de diverses formes (trottinettes électriques, scooters, motos, jusqu'aux petites voitures électriques sans permis, très prisées des adolescents). L'opporutunité de remplacer les voitures se conjugue ainsi à un risque de sécurité routière lié à la cohabitation de tous ces véhicules, avec la promesse d'un sacré bazar dont on observe déjà les prémices. Beaucoup de choses sont envisageables, comme le simple élargissement des voies pour permettre aux 2 roues de passer sans risque, jusqu'à la création d'une voie dédiée aux diverses mobilités douces (pas uniquement vélos), afin d'encourager la substitution de la voiture individuelle.
Il s'agirait donc d'inscrire la reconstruction du pont de Gagnac dans un plan d'ensemble de modernisation des infrastructures de la zone, et avec une réelle anticipation de l'avenir (tant du point de vue des problématiques que des solutions de nouvelles mobilités). Seulement ceci permettra d'éviter de nouveaux travaux lancés en catastrophe dans 10 ans, quand il sera encore plus difficile et couteux de le faire...
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